Nouvelles révélations sur l'origine des Schmid (suite)

3.3  Peter Enger oo Maria Willes / von Wilen / Wiler

                                             * vers 1595  Gänsbrunnen (W)                   + après 1627

 

 

                                                                                                                                                                                                                            Profession: verrier

                                              oo avant 1620 à Maria Wiles * vers 1595/1600     + après 1627 (1649 ?)

 

              Magdalena             * 08/12/1620    Gänsbrunnen

              Katharina              * 02/10/1625            « 

              Wolfgang               * 06/02/1627             « 

              Remarques : Maria Wiler venait probablement d’une région francophone. Orthographe du nom : 1620 : Willer,   

                                   1625 : von Wilen, 1627 : Wiler. Une Maria Wiler était en 1649 à La Ferrette/Sundgau, marraine

                                    de confirmation chez Elsbeth Malzacker, épouse de Hans Hug. Tous vivaient à la verrerie

                                    Raedersdorf. Peter Enger serait-il parti avec les Hug à Raedersdorf ?

 

3.4   Abraham Enger oo Maria (N.N.) / Barbara Rubischung

                                               * vers 1600 Gänsbrunnen (W)                           + après 1637

                                               Profession : verrier

                                               oo (1) vers 1628 à Maria (N.N.) (nom illisible)  * vers 1600/1605  + 1629/1630

                                               oo (2) vers 1630 à Barbara Rubischung  * vers 1597 de Hans Rubischung et Agnès von

                                                                   Büren de Gänsbrunnen        + après 1637

 

                 Du premier mariage :

                 Maria                    * 11/02/1629     Gänsbrunnen (W)

                 Du second mariage :

                 Magdalena            * 05/01/1631              « 

                 Elisabeth               * 16/01/1632              « 

                 Melchior                * 06/01/1634              « 

                 Anna                      * 22/03/1637              « 

 

                 Remarque : Marié à une fille  de la famille des verriers Rubischung, Abraham Enger était probablement lui-

                 même verrier.

 

4.1 Heinrich Enger oo Agnès Mägli

                                                 * 1610 Gânsbrunnen (W)     + 20/03/1662 Rimbach (Soultz)

                                                 Profession: verrier. Maître verrier à Rüschgraben en 1651, ensuite à Rimbach.

                                                 oo  vers 1635 Agnès Mägli  * vers 1605/1610, de Urs   + 1663

                  Johann Jakob         * 15/03/1637 Gänsbrunnen (W)  Profession: verrier

 

                  Remarques : Vu les lacunes dans le registre des baptêmes de Welschenrohr, de 1640 1699, excepté Johann

                  Jakob, tous les enfants nés à la verrerie manquent.

                  Agnès Mägli est marraine de baptême en 1638 à Oberwil, d’un enfant de Oswald Colly oo Agnès Villiger

                  De Rüschgraben, avec le parrain maître verrier Joh.Jakob Böschung. Celui-ci donna son prénom, en tant

                  que parrain à Johann Jakob Enger né en 1637 Welschenrohr.

                  Le nom de Urs Mägli nous est connu par la confirmation d’Agnès en 1616 à Welschenrohr.  

                  Remariage de la veuve Agnès Enger-Mägli le 25/09/1622, à Soultz, avec Urs Brunner                                             

                  Pierre Locher fait part d’un autre mariage de Heinrich Enger avec une certaine N.N. Guettmann ; s’agit-il

                  d’un autre Heinrich ?

 

4.2   Urs Enger oo Elisabeth Meister

4.3   Peter Enger oo Brigitta Meyer

4.4   Johann Jakob Enger oo Elisabeth Hug / Eva Studer

                   Voir à ce sujet la généalogie de Pierre Locher (Website GeneaNet im Internet).

 

Etre Anabaptiste en pays catholique

 

Une question dans le cadre de l’histoire des Schmid doit encore être posée : comment des fils de baptistes de stricte obédience, pouvaient-ils devenir catholiques ? Les fermiers de Berne, Schmid et Bürkli avaient renoncé à tout pour leur foi de baptiste radicale, même à leur patrie. Cette attitude avait certainement influencé leurs enfants. L’ainé Simon devait avoir environ 15 ans, à la mort du père. Comme la famille restait apparemment unie, la mère devait encore être en vie et n’aurait pas abandonné sa pratique religieuse.

 

Mais les contraintes du quotidien menèrent malgré tout à une rupture avec la foi baptiste.

Une des contraintes était l’entrée des fils dans la verrerie. Etant donné sa concession de verrerie octroyée par l’état, le Maître Simon Hug ne pouvait rien se permettre vis-à-vis de Solothurn. S’il avait employé des verriers non catholiques il aurait  certainement risqué d’être cité devant le Conseil. Le curé de Welschenrohr l’aurait sûrement signalé, car un peu partout dans le Jura, des baptistes s’étaient installés, la plupart dans l’archevêché  de Bâle, où ils étaient les bienvenus pour coloniser les hautes terres du Jura

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Jusqu’à nos jours vivent dans le canton francophone du Jura, des communautés mennonites parlant un très vieux patois allemand bernois. Quelle était l’attitude de Solothurn devant cette situation ? Dans les procès-verbaux du Conseil, le thème baptiste apparaît 25 fois à partir de 1526. Les mots-clés montrent comment Solothurn agissait : poursuites policières, interdiction de séjour, sanctions, mises en prison, punitions, expulsions du territoire, confiscation des biens, sanction en cas d’hébergement de baptistes. Après 1549, ) interdiction des anabaptistes dans la prévôté Falkenstein) l’élan se calma.

 

 

 Mais en 1561, quand Schmid et Bürkli viennent s’installer à Thal, le curé de Lostorf fut sévèrement puni, parce qu’il avait enterré un baptiste qui voulait mourir sans confession ni sacrement des mourants. Il dut être déterré de la terre bénite et être mis en terre à la limite du cimetière. La chronique Haffner de 1666 signale « en 1569, le lundi suivant le dimanche des Rameaux, les baptistes qui s’étaient secrètement installés dans la prévôté de Falkenstein ont été expulsés du pays ». Ceci n’était qu’un aspect du problème. Par contre, on tolérait apparemment les baptistes, pour autant qu’ils se tiennent tranquilles.

 

 

 Le manuel du Conseil de 1650 où figurent Schmid et Bürkli comme « Ausburger » (citoyens de l’extérieur), nous aide aussi à considérer d’un autre œil la question des baptistes. Après le passage de leur nomination en tant que citoyens, nous lisons : « …….. ils devront suivre toutes les lois, même au sein de leur religion réformée et ne jamais héberger d’autres baptistes ». Ce qui en allemand actuel signifie : » Même comme réformés, ils sont soumis à toutes les lois et interdictions, et comme l’explique le dictionnaire de Grimm à propos du mot immigration, ne peuvent jamais donner asile en secret à d’autres baptistes. Le Conseil poursuit : « sinon le Conseil de Solothurn pourra les sanctionner et les expulser du pays ».

 

Sympathies secrètes pour les baptistes

 

Comment se poursuivit l’histoire des Schmid après la mort du père baptiste ? Un retour dans le canton de Berne était exclus, vu qu’en quittant Brenzikofen ils avaient payé la taxe de départ obligatoire et qu’ainsi ils étaient déchus  de tous leurs droits dans leur commune natale. La tutelle pour les enfants ordonnée par l’administration, empêchait aussi de quitter Gänsbrunnen. C’est ainsi qu’à leur majorité, les enfants de baptistes, non encore baptisés, devaient choisir leur profession comme leur religion. Comme ils voyaient leur avenir comme verriers dans un canton catholique, ils acceptèrent de bon ou de mauvais gré un changement de religion. Le passage accompli au catholicisme est confirmé par l’inscription de Schmid et de Bürkli ( plus tard Burkhard) dans le registre de l’église de Welschenrohr : «  Melchior Burkhard le jeune et son épouse Margaretha Giling présentèrent au baptême en 1616, une petite fille Maria ». Dans le registre de baptême figurent déjà en 1609 Wolfgang Schmid et son épouse Elisabeth.

 

 

Mais à Gänsbrunnen le virus de la foi baptiste resta virulent. En 1598, le curé inscrit le frère d’un enfant baptisé dans le registre sous le nom de « Hans Kohler l’anabaptiste ». Il se fait donc que même un fermier catholique de la ferme Kohlerberg s’était converti à la foi baptiste. Il est alors surprenant de lire dans le manuel du Conseil que le verrier Peter Schmid serait aussi impliqué dans les intrigues des baptistes locaux. Le maire et le conseiller de Solothurn avaient toujours accueilli les demandes de Peter Schmid avec bienveillance (excepté la concession de verrerie). Et même, les 14 et 25 février 1622, ils avaient défendu ses droits vis-à-vis de la commune de Welschenrohr. Quelques mois plus tard le ton a brusquement changé lorsque « Heini Christen et Peter Schmid, le fils du verrier parurent dans la salle du Conseil pour parler en faveur de leur cousin et père », qui se trouve emprisonné à Solothurn. Ils demandent au Conseil de le libérer et plutôt de le punir financièrement. Le gouvernement décida « de libérer provisoirement le verrier Peter », à condition qu’il livre sa belle-sœur, en fuite, à qui il avait ordonné de quitter le canton, à défaut il serait à nouveau emprisonné.

 

 

Comme de plus, il avait ri au nez du fonctionnaire qui voulait arrêter sa belle-sœur, il reçut une amende de 100 gulden, une très grosse somme. L’exploitation de différentes sources nous éclaire sur les liens familiaux de Peter Schmid avec les anabaptistes de Gänsbrunnen : sa femme, Barbara Christen, Heinrich Christen (ayant comparu devant le Conseil), marié à une francophone : Claudine Bordi, et Elisabeth Christen, l’épouse de Baptiste Jakob Kohler (inscrit en 1598 comme anabaptiste, étaient tous frères et sœurs. La présence de leur père Heinrich Christen est attestée en 1575 dans la ferme Tscharandi, à deux pas de la frontière.  Même si Peter Schmid n’était pas un baptiste pratiquant, il sympathisait quand même encore 40 ans après la mort de son père baptiste, avec les convictions  religieuses de ses parents. Le séjour dans la tour de Solothurn, les amendes et les menaces d’incarcération, auront accéléré son déménagement de Schafmatt pour St Blasien. Le 3 juillet 1622, à St Blasien, Wolfgang et Peter Schmid ainsi que Basci Greiner, intendant de la verrerie, jurèrent fidélité à leurs nouveaux maîtres. Le contrat pour la nouvelle verrerie était d’application à partir du 18 septembre. Le frère ainé Wolfgang aurait préparé le terrain et aurait établi le projet de contrat pour la nouvelle verrerie à St Blasien. 

                                                                                                                                                                                    

Deux jours après le serment de fidélité des frères Schmid à St Blasien, les conseillers de Solothurn se concentraient encore sur le sort à réserver aux baptistes emprisonnés et aux sanctions à leur appliquer. Les frais occasionnés par leur incarcération et les dépenses de secrétariat et de gardiennage devraient être répartis par « tête » (pro rato).

 

Comme Elisabeth Christen, que Peter avait poussé à fuir, se retrouvait à nouveau en prison et ne pouvait pas payer sa part, c’est le jeune Peter Schmid qui devrait s’en charger. Mais Peter Schmid a-t-il jamais reparu à Gänsbrunnen ? Comme le note le secrétaire du Conseil : « … les biens du baptiste en fuite doivent être confisqués », le verrier Peter Schmid n’en sera pas sorti indemne, l’alpage et la maison qui s’y trouvait, lui appartenant encore.

C’est ainsi, qu’en 1622, le dernier verrier Schmid fit ses adieux à Gänsbrunnen. Le village hérita cinq ans plus tard de la jolie petite église, entre autres pour repousser les assauts de la foi baptiste.

 

Un résumé à propos de la verrerie à Gänsbrunnen

 

La religion anabaptiste a beaucoup d’importance dans l’histoire des origines des Schmid. Des recherches plus poussées sur la verrerie de Gänsbrunnen, il ressort que le plus important est de considérer comment  quatre jeunes, étrangers au métier, appartenant à trois familles, se mirent au travail du verre. L’exploitation de l’heureuse découverte de la « Sentence » de 1827, complétée par des recherches annexes, mit au jour un cas très rare, celui d’un nombre important de jeunes gens du milieu paysan et manuel, qui furent accueillis  dans le métier du verre, un cas exceptionnel, vu les règlements d’embauche très sévères dans les verreries, dont les familles se fermaient traditionnellement à tout étranger.

 

 

Les Schmid, Enger, Rubischung sont tous devenus de célèbres familles de verriers qui se firent un nom parmi les gens du métier, grâce à la fondation de nombreuses verreries. Les Rubischung se sont répandus en Forêt Noire et dans le Hegau, mais surtout en France : Sundgau, Elsass, Franche-Comté, Lyonnais, Provence, environs de Paris. En Franche-Comté, ils retrouvèrent des Schmid, originaires de la Forêt Noire, avec lesquels ils nouèrent de nombreuses alliances familiales à la verrerie de Miellin. (En général les Hug, Rubischung, Schmid et Enger sont apparentés). De nombreux Schmid français firent une belle carrière en tant que fondateurs de verreries ; certains réussirent même à atteindre une place dans les couches supérieures de la société. Les Schmid allemands de St Blasien et de Gründelwald, Gündelwangen, se fixèrent aussi dans de nouvelles régions pour y fonder des verreries. Dans l’ensemble, les Schmid ont laissé une grande postérité internationale.

 

 

Combien de Engel français, également très nombreux, descendent des verriers de Rimbach ? c’est ce que l’auteur doit laisser aux recherches sur les Engel. Au début de toute cette évolution se trouve là cachée derriere la première chaîne du Jura, la verrerie des Hug à Gänsbrunnen. Etonnant pour l’histoire du verre, cette verrerie sur le Schafmatt n’ayant existé que durant une période de 75 ans (y compris les Hug), qui a produit les aïeux de quatre lignées de verriers renommés.

 

Littérature supplémentaire sur les verriers de Gänsbrunnen

 

L’histoire détaillée des travailleurs du fer et du verre, Rubischung/Rubichon paraîtra probablement en 2009. L’article « Origines de la lignée des Hug de Gänsbrunnen » de Werner Hug (Regio Familienforcher 18/1, Basel 2005) offre une vue d’ensemble sur l’activité des verriers de Solothurn.

Le site internet «  Les Schmid maîtres verriers » (www.schmidverriers.com) de Christian Schmitt, présente une introduction aux Schmid des verreries françaises.

Un passage d’Antoine Stenger : « Verreries et Verriers d’Alsace du XVI au XX siècle » (Saison d’Alsace, mars 1988/99), renseigne sur les Enger de la verrerie Soultz-Rimbach (Haut-Rhin).

Pour l’histoire des Schmid et des Engel, il y a de fortes chances de rencontrer encore d’autres aïeux dans les archives d’état de Berne, d’autant plus que des gens récalcitrants comme les baptistes figuraient souvent dans les Actes d’état.

La richesse des sources pour l’histoire des Rubischung dans les archives de Solothurn, laissent deviner tout ce qui pourrait encore y dormir.

 

L’auteur remercie Messieurs Urban Schmidt de Pforzheim et Christian Schmitt de Metz pour leur participation aux discussions sur la généalogie des Schmid.